Conscience et Liberté


Au fronton du Village Icaris
est inscrit :

Conscience et Liberté


Il y a de la place pour tous et pour chacun dans une société bien organisée : il s’agit d’aménager et respecter l’espace en fonction d’un partage qui doit prendre en compte les desiderata de chacun.
Chacun doit avoir la possibilité de réaliser son rêve dans le respect du rêve de son prochain, pour peu que chacun de ces rêves soit légitime.

TOUT dans la création est une question d’équilibre dans les distances séparant/unissant les astres-corps-cellules-individus qui en composent la tangible forme.
Ainsi l’harmonie naît de la bonne répartition entre force d’attraction et force de répulsion, qui permet à chacun de ces éléments de maintenir sa juste trajectoire dans la ronde des énergies.

Le Village Icaris lui-même doit être visualisé comme ayant la forme d’une cellule faite d’un noyau de vie condensée en son centre et de nature plus dispersée à mesure que l’on va vers sa périphérie, pouvant être ainsi aisément juxtaposée à d’autres cellules d’architecture comparable, bien que pouvant être de culture légèrement différente : le dénominateur commun, l’agent de cohésion de l’ensemble est l’Ethique, et non la Loi ou la règle, qui est édictée directement par la communauté concernée, et qui peut varier par conséquent d’un endroit à un autre.


Plutôt que de décrire la forme précise que devrait prendre Le Village Icaris,  je vais simplement tenter de rapporter la réalité de ce qui est au Pays de mon Icarie d’où je suis, qui est une petite planète à quelques pas d’ici… ou à quelques années lumière…


La grande différence entre ici et le Pays de mon Icarieréside dans l’échelle des valeurs.
Le Bien Commun est la valeur fondamentale, enseignée à tous depuis le plus jeune âge : par le simple biais de l’Education, cette noble Patrie a su se préserver de la plupart des maux auxquels est confrontée la civilisation terrestre défaillante.

Ainsi, il est rarissime que la justice des hommes ait à se prononcer en Pays de mon Icarie, et si tel est le cas et qu’elle doive malgré tout priver une personne de sa liberté, c’est toujours dans le but de préserver la saine communauté, et jamais dans un esprit de punition ou de vengeance ; la dignité est toujours respectée, les rares prisons ne sont pas surpeuplées, et les prisonniers eux-mêmes contribuent à la gestion de l’établissement et fournissent comme toute personne le travail nécessaire à leur propre subsistance.

Car si l’impôt, dans le sens où il est entendu dans nos sociétés, n’existe pas, le système tout entier repose sur la contribution de chacun à la génération de la richesse collective, en fonction de ses besoins propres, donc de sa consommation.
Différents paramètres tels que le temps, la compétence et l’énergie déployée sont pris en considération pour définir la valeur relative de la contribution.
D’une manière générale, tout le monde contribue selon son âge et sa condition de santé tout au long de son existence, tout en restant libre et maître de la plus grande partie de son temps.

Le chômage, est une chose tout à fait inconnue au Pays de mon Icarie : les êtres dans l’incapacité d’apporter une plus- value à l’ensemble sont rarissimes pour ne pas dire inexistants, et la compétence à elle seule est suffisante pour créer la fonction.

Car en quelque sorte, tout le monde est fonctionnaire au sein de cette société équitable mais non égalitaire, puisque la Fonction Publique est le fait de produire et répartir la richesse du Bien Commun, à elle seule suffisante pour assurer le confort de chacun.

Mais le fait d’être fonctionnaire ne signifie pas pour autant que chacun soit enfermé et limité dans une fonction :  nul n’est  le titulaire unique d’un poste dont les responsabilités sont généralement collégiales et qui est sans cesse remis en jeu et à pourvoir régulièrement par le biais des compétences au sein d’une bourse du travail.

Le fait que chacun contribue activement par son activité à la richesse collective, au fait qu’un petit nombre d’heures individuelles est suffisant pour obtenir un bon niveau de vie général, laissant ainsi libre la personne d’utiliser le reste de son temps comme bon lui semble.

Ainsi, il est parfaitement possible de s’enrichir individuellement, au Pays de mon Icarie  par le biais d’une activité privée, exercée en dehors du temps consacré à la fonction publique génératrice de la richesse collective.

Cela amène tout naturellement à parler de la propriété au Pays de mon Icarie

La propriété foncière au Pays de mon Icarie  n’existe pas : seul est reconnu un droit d’usage, qui peut cependant être lié à une propriété immobilière.
De même, l’espace et les matières premières tirées du sol ou du sous-sol ne peuvent s’approprier, et leur exploitation ou leur utilisation entraînant généralement redevance à la collectivité doivent nécessairement être loués ou achetées pour les besoins d’une activité privée, dont la collectivité ne saurait tirer aucune autre redevance : le travail et les profits sont libres entre les particuliers qui établissent librement entre eux les conventions, sans pouvoir se soustraire par ailleurs à leur devoir de contribution à la richesse collective  dans la juste mesure où ils en profitent, par la fonction exercée au sein du service public.

Afin de bien séparer l’activité publique de l’activité privée, les monnaies sont différenciées : tout particulier a le pouvoir de créer sa propre monnaie, qui peut exister par le seul fait d’être utilisée ; cependant, seule la monnaie d’Etat, contre-valeur généralement croissante de la richesse créée collectivement permet la consommation de cette richesse collective.
La seule raison d’être de la Banque de l’État est d’émettre la monnaie au fur et à mesure que naturellement s’accroît la richesse, et de gérer l’avoir de chacun : elle est un simple service public dont le but n’est pas de générer des profits mais de redistribuer équitablement la richesse produite collectivement.

Le cadre éthique étant posé, il faut maintenant aborder quelques détails de l’organisation matérielle de la vie au Pays de mon Icarie .

Pour comprendre le fonctionnement de cette société, je vous propose de visualiser une sorte de gigantesque machine à fabriquer de la richesse, sous la forme d’une structure faite des rouages que sont chacune des fonctions nécessaires non seulement à la marche régulière d’un État, mais également au bien être de ses ressortissants. 
Cette machine est alimentée par la contribution en temps,  énergie  et compétence imposée à chaque Citoyen dans la juste mesure de sa consommation des richesses ainsi produites.

Il y a plusieurs niveaux de création des richesses : certaines concernent l’ensemble de la population et sont produites au niveau de l’État, d’autres sont produites au niveau de la Région, du Département ou de la Communauté : cela dépend de l’exigence des moyens à mettre en œuvre.

Une petite communauté par exemple, sera pourvue des différents ateliers destinés à combler les besoins de première nécessité, tels que le maraîchage, la construction, la confection, la production et la réparation de tous les objets de consommation courante qui ne nécessitent pas de grosse structure d’usinage, l’éducation primaire, les premiers soins, etc…
La vie ainsi s’y organise autour d’un centre d’activité constitué d’ateliers, d’échoppes, de centres de soins, d’éducation et de culture.  
On y trouve un habitat regroupé, des structures d’accueil conviviales telles que bibliothèques, salons de rencontre et d’échange, ainsi que des structures d’accueil pour des personnes de passage
Les ateliers, qui sont aussi des centres de formation, sont ouverts en libre accès à tous et sont supervisés par des personnes qui détiennent les compétences nécessaires à leur bon fonctionnement et à la transmission de leur savoir.

Les personnes sont généralement polyvalentes dans leurs savoirs et leurs fonctions qui évoluent de manière naturelle tout au long de l’existence, selon les dispositions et les aspirations de chacun.

S’il y a une hiérarchie dans les fonctions, il n’en est pas de même en ce qui concerne les personnes : chacun participe directement à l’organisation et à la prise des décisions en tous domaine qui le concerne.
Les décisions sont prisent sur le mode du consensus, qui est généralement trouvé rapidement, la valeur clé de référence étant le Bien Commun.

La compétence, reconnue parle savoir et l’efficacité, est le seul facteur influant pour un pouvoir accru de décision.
Si une assemblée doit être constituée de représentants élus ou désignés, ceux-ci sont les simples porte-parole du groupe qu’ils représentent. Ils ne détiennent aucun pouvoir personnel et peuvent être révoqués à tout moment, leur mandat devant être renouvelé pour chaque assemblée.
La fonction exercée n’est elle-même pas représentative d’un pouvoir, mais d’une compétence.
Si une fonction offre un privilège, ce privilège ne peut être qu’en regard de la charge de la fonction exercée.


Mais si la valeur fondamentale de la vie au Pays de mon Icarie est le Bien Commun, la collectivité n’est pas le seul paramètre de la vie de l’humain, qui a besoin pour se trouver, d’un temps de partage et d’un temps de solitude, ou du moins d’intimité.

Car à côté de la dimension collective, l’Homme se construit sur le plan de la personnalité, de l’individualité.
L’architecture même de la Commune, au Pays de mon Icarie, revêt une importance primordiale.
Si le cœur en est constitué d’un centre tel que nous l’avons décrit plus haut, l’individu doit pouvoir se constituer selon ses désirs ou ses besoins, parallèlement à l’outil de production collectif accessible à tous et qui n’est la propriété de personne, par le biais de son investissement personnel, un outil et un espace privés dont il peut revendiquer la gestion en toute autonomie. 

Ainsi, en s’éloignant du centre on trouve une zone d’habitat plus ou moins dispersé qui permet d’accueillir des cellules familiales dans une plus grande intimité, faisant place à mesure que l’on approche de la périphérie du territoire à des espaces plus dépeuplés affectés aux besoins agricoles et habitations isolées, et enfin une zone de nature inexploitée réservée à la faune et à la flore sauvages et pouvant répondre aux besoins de solitude.

Une telle architecture, avec sa forme de cellule constituée du noyau central de son agglomération et son enveloppe de nature, permet une juxtaposition en douceur de communautés qui peuvent avoir des règles et une culture différentes en leur noyau actif.

De cette architecture enfin, découle une loi simple qui se définit d’elle-même par le respect du lieu où l’on se trouve : plus on va vers le centre, plus on va vers un espace collectif régit par les règles de ce collectif, alors que plus l’on s’éloigne du centre, plus on pénètre dans un espace habité par l’intime, et donc personnalisé par l’habitant. 


La Personne, au Pays de mon Icarie, est responsable d’elle-même : chacun forge son propre savoir au contact des autres et assume pleinement la responsabilité de ses besoins, s’investissant plus particulièrement dans les secteurs ou les domaines dont dépend sa réalisation strictement personnelle.


Il y a plusieurs choses qui impulsent le commerce entre les humains. Il y a d’une part le besoin de s’unir pour être efficaces : les possibilités de création et de réalisations ne sont pas les mêmes pour une paire de mains et pour mille paires de mains !
C’est le besoin socio/économique de l’autre.
Il y a d’une autre part, comme un besoin de communication, voire de communion d’âme : c’est l’amour, l’amitié (amour et amitié ne sont-ils pas  nourriture de l’Âme ?) ; et ce commerce n’a rien à voir avec le domaine économique : il s’agit là du domaine de l’intime, des affinités naturelles ou passagères qui font que les individus se regroupent par familles de cœur et d’esprit.

C’est grâce au bon équilibre des forces impliquées dans cette double construction de l’Humain qu’un collectif d’individus se regroupant par affinités de besoins, de cœur et d’esprit, est à même de mener une vie harmonieuse, définissant , comme chaque individu peut le définir lui-même, le degré d’implication qu’il désire entretenir avec le système de la collectivité générale.
En effet, de conformation fractale, la société s’organise d’étage en étage toujours sur le même principe d’union des ressources pour la production d’outils ou d’objets de plus en plus complexes nécessitant la mise en œuvre de moyens industriels et non plus artisanaux.